Kool Thing

L'étoile a pleuré rose au coeur de tes oreilles...

29 novembre 2008

Festival Entrevues Belfort 2008

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Site du Festival

J'aime bien ce festival, la sélection est toujours variée, rigoureuse, y'a une bonne ambiance. C'est sûr c'est pas un truc prestigieux à la Cannes, mais c'est cool. Je n'y suis resté que quatre jours (et encore j'en ai loupé un parce que j'étais malade...) mais j'ai eu la chance de voir des bons trucs. C'est simple, je n'ai vu aucun mauvais film cette année (d'un côté j'ai vu peu de films :/), pas un où je me suis fait chier. A cause de la fatigue je me suis endormi devant Les 39 Marches et Les Aventures d'un Homme Invisible malheureusement, alors que ça avait l'air vraiment très bien. Mais sinon que du bonheur à l'horizon. Du fait qu'on ne soit pas restés tout le long, j'ai loupé quelques trucs que j'aurais adoré voir du genre La Horde Sauvage, La Grande Bouffe ou Husbands, mais bon... Passons au récapitulatif des films mrgreen

Sélection "La Mort aux Trousses"

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La Mort Aux Trousses, d'Alfred Hitchcock (1959)

Bah c'est quand même grave le pied de voir ça sur grand écran. Je suis définitivement réconcilié avec Hitchcock (ouais, j'avais tendance à pas trop aimer, quel ignard je faisais), ce mec a absolument tout compris au cinéma. Son film est la perfection incarnée, d'une richesse rare, d'une intelligence folle, avec un humour pince-sans-rire génialissime. Le scénario est un truc de malade, avec des rebondissements en pagaille, y'a que Hitchcock pour nous pondre ça. Il arrive à rendre cohérentes et plausibles des situations complètement invraisemblables et des coups de théâtres monstrueux. Le film joue avec le spectateur sans le prendre pour un con, le suspense est rondement mené, on est captivé, passionné de A à Z, La Mort aux Trousses est une source intarrissable, un chef d'oeuvre. Et ne parlons pas de la mise en scène, du montage. Hitchcock a inventé le cinéma d'action moderne, il multiplie les exploits techniques et les scènes anthologiques sans être lourd. Du bon gros divertissement comme on n'en fait plus, amusant, rigoureux et profond. Par contre je ne m'attarderai pas sur les interminables et soporifiques conférences auxquelles on a eu droit, hum...

Mission : Impossible, de Brian De Palma (1996)
Le genre de film qui passe au moins une fois par an sur TF1 que tout le monde a déjà vu et revu. Mais le voir sur grand écran avec le son qui pète les tympans, c'est quand même autre chose. On s'en prend plein la tronche, on est comme un gosse devant le film. De Palma, grand fan d'Hitchcock, manie le suspense et le spectacle presque aussi bien que le Maître. Ca pète de partout, c'est plein d'idées visuelles stimulantes, de scènes jubilatoires. L'intrigue n'est pas forcément passionnante mais le film est suffisamment bien mené pour qu'on ne s'ennuie pas une seule seconde. C'est très invraisemblable parfois, mais absolument jouissif et techniquement parfait et génialement interprété. Du divertissement de haut vol, haletant et réjouissant.

Les 39 Marches, d'Alfred Hitchcock (1935)
Je me suis malheureusement endormi au milieu du film pour ne me réveiller que 10 minutes avant la fin. Ce que j'en ai vu était assez bon, pas tout à fait à la hauteur des très grands Hitchcock de la période américaine, mais incroyablement bien écrit et réalisé, comme d'hab. Bon, je n'ai pas vu le film en entier, je devrais pas me permettre de juger. A revoir à l'occas.

Les Aventures d'un Homme Invisible, de John Carpenter (1992)
Aussi dormi devant celui-ci, quasiment du début à la fin. Ce que j'en ai vu était vraiment plaisant, avec une bonne ambiance, un bon humour. Dommage.

Zabriskie Point, de Michelangelo Antonioni (1969)
J'avais déjà eu la chance de le voir au cinéma, j'avais adoré. Le revoir m'a permis de mieux saisir les forts enjeux politiques et sociologiques du film, derrière l'abstraction purement antonionienne. Ce film me transcende complètement, c'est d'une force incroyable, d'une poésie proprement bouleversante, un trip métaphysique dément. La scène culte finale, cette gigantesque explosion métaphorique où tout le capitalisme vole en éclat sur la bande-son de Pink Floyd, m'a encore plus transporté que la première fois, j'en avais les frissons partout. Quelle ambition, quelle audace, quelle maîtrise, putain je n'en reviendrai jamais.

Monsieur Klein, de Joseph Losey (1976)
Une putain de sélection ce voyage autour de La Mort aux Trousses ! Monsieur Klein est un authentique chef d'oeuvre, puissant et passionnant. L'intrigue est quasiment la même que chez Hitchcock, dans un autre contexte, et Losey tisse autour de ça un portrait psychologique d'une finesse bouleversante. il y a quelque chose qui me dépasse dans ce film, comme une dimension surréaliste, surhumaine. C'est magnifique en tout cas, et plus j'y pense, plus j'aime. Le scénario est parfaitement bien écrit, le film est d'une richesse et d'une beauté visuelle extraordinaire. Immense.

Sélection Paul Verhoeven

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Showgirls, de Paul Verhoeven (1995)
Jamais vu autant de nichons de ma vie en 2 heures de film ! Ceci dit, sous ses airs tantôt subversifs tantôt naïfs, Showgirls est un très bon film, riche, pertinent et attachant. J'ai découvert Verhoeven avec ce film (y'a même un scénariste et pote du gars qui est venu parler c'était cool, il était drôle) et je compte m'y mettre assez sérieusement, ce mec a l'air d'avoir des choses à dire. Sa démarche est très personnelle, il se contente d'observer les déboires d'une jeune danseuse à Vegas sans expliciter d'avis. Certains trouvent ça frustrant, moi je trouve ça subtil. Le film trace un portrait noir et cynique d'une Amérique corrompue et rongée de l'intérieur. Ce n'est pas non plus d'une profondeur abyssale, ça n'évite pas toujours les clichés, mais c'est plaisant, et les personnages (incarnés par des actrices magnifiques avec en prime un Kyle MacLachlan délicieux dans un rôle de salopard) sont attachants. J'ai sincèrement beaucoup aimé.

Starship Troopers, de Paul Verhoeven (1997)
Malgré que Starship Troopers et Showgirls n'aient en apparence rien à voir l'un avec l'autre ils sont en fait plus compatibles qu'on ne le pense. Comme l'a expliqué le scénariste de Verhoeven qui est venu parler des films (malgré qu'il n'ait écrit ni le scénario de Showgirls ni celui de Starship, hum), Showgirls dépeint la vision que Verhoeven a de l'intérieur de l'Amérique, et Starship Troopers montre plutôt l'influence de l'Amérique et sa place dans le monde. Plus de gogo danseuses sexy ici (mais toujours quelques bonasses mrgreen), place aux soldats décérébrés du 24ème siècle qui ne pensent qu'à buter des insectes géants. Verhoeven est plutôt du genre éclectique. Plus bourrin que Starship Troopers, je ne connais pas (peut-être John Rambo, et encore). Ca explose dans tous les coins, ça hurle, ça mitraille, ça gicle. C'est très gore, pas très subtil, un peu abrutissant, mais carrément jouissif. Très drôle aussi, notamment ces scènes de propagande d'un cynisme absolu. C'est divertissant, visuellement impressionnant, et dans le fond très loin d'être con. Verhoeven fait preuve d'une conscience politique digne de Romero, son film est même qualifiable de visionnaire. Je vais me matter quelques films du gars porchainement !

Sélection "Quinzaine des réalisateurs"

(me demandez pas ce que ça vient foutre là...)

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Massacre à la Tronçonneuse, de Tobe Hooper (1974)
J'étais crevé mais ça ne m'a pas empêché d'adorer. Le film mérite son statut d'oeuvre culte. La violence est sèche, frontale, terrifiante, le suspense est parfaitement mené. La réalisation est superbement crade et le contenu politique et moral sous-jacent fait froid dans le dos. Un film pertinent et sauvage, définitivement un chef d'oeuvre d'un nihilisme absolu. Dommage par contre pour la VF toute pourrie (ils nous passent tous les films en VO mais pas celui-là o_o'). Bon du coup j'ai acheté le film en DVD, j'y reviendrai sûrement.

Libero, de Kim Rossi Stuart (2006)
Très beau film sur l'enfance et la famille. Tout en justesse, finesse et subtilité, Rossi Stuart nous livre une oeuvre attachante et émouvante, qui ne révolutionne en rien le cinéma mais réussit à réellement toucher le spectateur. Les acteurs petits et grands sont excellents, c'est joli, gentillet, parfois amère, très mélancolique, humain.

Sélection "Pourvu qu'on ait l'ivresse"

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Point Limite Zéro, de Richard C. Sarafian (1971)
LE film qui a inspiré le Boulevard de la Mort de Tarantino. Si c'est pas la classe ça ! Dans un esprit très Easy Rider, Sarafian (inconnu au bataillon mais talentueux) réalise un petit bijou, une bourasque de liberté en pleine face. Le film se résume à un mec dans sa caisse, quelques poursuites très bien foutues et voilà. Ici, la sensation pure prône, le film file en ligne droite, ivre de vitesse. C'est grisant, très joliment filmé, attachant, beau et tragique.

Posté par Master Dik à 18:27 - - Festivals - - Commentaires [1] - Rétroliens [0] - Permalien [#]
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