Kool Thing

L'étoile a pleuré rose au coeur de tes oreilles...

23 décembre 2008

SIX FEET UNDER - Saison 1

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J'ai commencé la saison 1 de Six Feet Under avec délectation jeudi soir. En cinq jours je l'avais finie. 3 épisodes par jour, pas possible de descendre en-dessous, pire que la clope. On devient accro dès le pilote. Pas de sensationnalisme pourtant, ni de mise en attente sadique du spectateur comme dans la plupart des séries. C'est juste que c'est tellement humain, tellement beau, que ça en devient presque vital.

Six Feet Under est sans doute depuis Twin Peaks la série la plus audacieuse et ambitieuse jamais vue. Le pitch est déjà d'une originalité folle pour un série télé : Nathaniel Fisher, directeur de pompes funèbres, meurt le jour de Noël et lègue son entreprise à ses deux fils totalement antagonistes : David, homosexuel coincé, et Nate, fils prodigue et chaud lapin un peu rebelle sur les bords. A chaque début d'épisode, on assiste à une mort plus ou moins violente, plus ou moins comique, qui influera plus ou moins sur la vie de la famille Fisher. Car il s'agit ici de rire de la mort, de l'accepter comme faisant partie de la vie, ne pas la voir comme un arrêt soudain, un néant en dehors de la vie. Dans le monde cotonneux et étrange de Six Feet Under, les morts côtoient les vivants. Il n'y a pas d'au-delà, la vie et la mort cohabitent dans une seule et même dimension, un seul et même monde. Alors oui, les morts apparaissent sous forme de rêve et d'hallucinations, on n'est pas dans du fantastique à proprement parler, mais l'idée est la même. Unir la vie et la mort, accepter la mort comme une évidence faisant partie intégrante de l'existence, pas une fatalité, une fin abrupte, une rupture totale. Il y a cette réplique magnifique dans le dernier épisode qui résume bien la morale de la série : "Pourquoi devons-nous mourir ? - Pour que la vie ait plus de valeur. On ne sait pas combien de temps il nous reste, alors chaque jour est important". La saison se termine de la plus belle des façons sur un baptême dans une maison funéraire où tout le monde se réconcilie. La vie, la mort, la tristesse, le bonheur. Tout est cyclique. La mort plane sur la vie, mais l'inverse marche aussi. Sublime.

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Six feet Under refuse tout sensationnalisme, toute dramatisation outrancière, pourtant l'émotion est bien présente. La série alterne sans arrêt rire et larmes. Comme la vie elle-même. Il y a beaucoup de sexe et  et beaucoup d'humour noir  (il faut voir ces fausses publicités pour des corbillards et des produits de restaurations de cadavres dans le premier épisode) ou tendre. Mais aussi de très beaux moments de deuil et de mélancolie. La série aborde en outre plusieurs phénomènes de société sensibles comme l'homosexualité, la drogue, l'écologie, la tradition, le suicide, la tolérance, qu'elle traite toujours avec sensibilité et finesse. Six Feet Under semble s'être fixé pour but de toucher tout le monde, la série est universelle, aussi subversive que délicate et bouleversante.

Niveau réalisation, c'est du grand art. Eclairages très travaillés, cadrages audacieux et parfaits, profondeurs de champs vertigineuse, musique au poil... Malgré la diversité des réalisateurs aux commandes, chaque épisode respecte le style initial avec virtuosité. Les acteurs sont tous aussi excellents les uns que les autres, avec un coup de coeur personnel pour Rachel Griffiths (Brenda Chenowith dans la série), aussi sexy que bonne actrice. Peter Krause, Michael C. Hall (alis Dexter, héhé), Richard Jenkins, Lauren Ambrose, Frances Conroy et les autres semblent tous être habités par leur rôle. Ils composent des personnages plus attachants et humains que jamais, à la fois logiques et illogiques, absurdes et rationnels.

Six Feet Under, c'est THE série, un truc de malade qui bouleverse complètement. Une série qui s'attache à l'humain et célèbre la vie tout en parlant sans arrêt de la mort. Une ambition folle, une beauté éblouissante, une première saison inoubliable. INDISPENSABLE.

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22 novembre 2008

DEAD SET - Saison 1

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Romero fait encore des émules. C'est au tour de la télé de s'emparer du concept des zombies. L'idée tient du délire complet : filmer une invasion de zombies dans le studio anglais de l'émission Big Brother (équivalent de Loft Story) et diffuser le tout en 5 épisodes d'une demi-heure chacun sur E4 le soir d'Halloween. Le résultat est tout à fait honnête, méga-gore (mais vraiment !), jouissif au possible, et parfois bien flippant. Dans la forme, ça a tout l'air d'un 28 semaines plus tard bis, avec ces tics esthétiques assez chiants (mises au point hasardeuses, caméraman atteint de Parkinson, montage clippesque) et la tronche des zombies quasi-identique. Comme 28 semaines plus tard, c'est très bourrin, pas subtil un seul instant, parfois de très mauvais goût (le gars qui fait caca, c'est limite), mais tellement efficace, tellement bien mené qu'on pardonne tout. L'ambiance est complètement apocalyptique, on s'y croirait presque, le chaos est total, c'est fascinant et vraiment terrifiant. Parfois caricatural aussi, mais souvent virtuose. La tension est maintenue sans temps mort du début à la fin, nos nerfs sont carrément réduits en compote. Niveau fond, c'est pas du Romero, c'est clair, ça se contente surtout de se foutre de la gueule de la télé réalité en y allant avec des gros sabots bien boueux, mais on s'amuse à voir la connerie et la cruauté humaine disséquées (pas au scalpel, plutôt à la machette ^^) sous nos yeux.   Et il y a quelques séquences anthologiques, comme l'invasion du studio dans le premier épisode sur la musique de Mika. "Grace Kelly" qui retentit avec des gens qui courent dans tous les sens, d'autres qui se font égorger, arracher les tripes, c'est quand même sacrément génial. Les acteurs sont convaincants (mention spéciale à la véritable animatrice de Big Brother qui joue son propre rôle ; imaginez notre Castaldi national bouffer de la tripaille et pousser des cris de bête féroce xD) et même si l'ensemble n'est pas du meilleur goût, ça reste un grand moment de délire et de terreur. C'est à voir pour y croire, et puis surtout pour le fun. Vu la fin, ça m'étonnerait qu'il y ait une saison 2, mais gardons espoir.

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24 octobre 2008

MASTERS OF HORROR - Saison 1

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Le concept est génial : réunir les plus grands réalisateurs de films d'horreur pour un show télévisuel exceptionnel. Pour cette première saison, le résultat est assez inégal, forcément, mais dans l'ensemble très intéressant.  Si Tobe Hooper (réalisateur de Massacre à la tronçonneuse quand même, c'est pas rien !), déçoit beaucoup, les maîtres Argento et Carpenter nous offrent de véritables bijoux, à la limite du chef d'oeuvre. Quelques révélations impressionnantes comme Stuart Gordon, Larry Cohen et surtout Lucky McKee promettent encore de beaux jours au cinéma d'horreur... Les univers et les ambiances sont tous très différents, la série gagne alors en intérêt grâce à cette diversité.


INCIDENT ON AND OFF A MOUNTAIN ROAD (La Survivante) - Don Coscarelli 0

moh1Pour un premier épisode les gars auraient pu imaginer mieux. Franchement, quand on voit ça, l'envie de poursuivre la série diminue clairement. Pourtant, d'après certaines sources, il est pas si mauvais que ça le Coscarelli, paraît même que son Bubba Ho-Tep est assez anthologique. Bah là en tout cas il se plante sur toute la ligne. Les acteurs jouent aussi bien que des manches à balai, le scénario est con comme une valise, le suspense est inexistant et le visuel à gerber. On nage dans le ridicule. Pas la moindre once d'intelligence là-dedans, on se croirait en pleine pub avec cette mise en scène névrotique et maladroite et ce montage hystérique qui fout mal au crâne. Le propos est de plus vachement ambigue : est-ce un truc qui prône l'auto-défense et le port d'arme parce que le monde est hostile et qu'il faut se protéger ? Ou alors au contraire une critique du lavage de cerveau  états-unien ? Vu le niveau de l'ensemble, mon choix s'orienterait plutôt vers la première supposition. A regarder à la limite pour se fendre un coup la gueule, ça peut être aussi drôle qu'un épisode de South Park si on force un peu, sauf que là c'est sérieux.



DREAMS IN THE WITCH HOUSE (Le Cauchemar de la Sorcière)
- Stuart Gordon 3

moh2 Adapté d'une histoire de H.P. Lovecraft, ce second épisode de Masters of Horror est une excellente surprise. L'intérêt réside en fait surtout dans l'ambiance qui est vraiment très réussie, très prenante, très baroque et romanesque. Le scénario arrive à tenir en haleine du début à la fin, et même si ce mini-film n'est pas toujours très malin et ne fout pas vraiment les chocottes, il reste intéressant et attachant, notamment grâce à des personnages très charismatiques (à part le personnage principal, qui en plus d'être fade est mal joué), quelques scènes très bien trouvées et une invention hilarante : un rat à tête humaine vraiment très laid.



DANCE OF THE DEAD (La Danse des Morts)
- Tobe Hooper 1

moh3C'est pas parce que l'actrice principale est très attractive et que la musique de Corgan est chouette qu'on va être indulgent... Ce troisième épisode de la première saison de Masters of Horror est assez merdique, très décevant de la part de Hooper et très mal réalisé avec des effets de montage horribles qu'on n'ose même plus utiliser dans les clips. Dommage, car il y avait quelques bonnes idées, l'univers est intéressant, mais le scénario est  vraiment mauvais, le jeu d'acteur sans saveur, la réa nauséeuse. C'est d'un mauvais goût sans fin, et cette haine absolue des valeurs familiales que le film affiche fièrement est abusive et détestable. On a l'impression que le cinéaste essaye de faire un film rebelle et anarchiste, c'est complètement raté, il n'y a aucun propos, aucune finesse, c'est plein de cliché, c'est laid.


JENIFER -
Dario Argento 4

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Voilà enfin ce que j'attendais de la série ! Bien gore, bien crade, bien glauque, Jenifer est un régal, brillamment mis en scène et au scénario plus que convaincant. Subversif comme jamais, le maître Argento réalise un véritable bijou, un quasi-chef d'oeuvre où certains ont vu un renouveau pour le cinéaste. Plus conformiste qu'un Suspiria dans la forme, cet épisode n'en reste pas moins très politiquement incorrect. Jenifer n'est pas humaine,  elle est animée exclusivement de pulsions et d'instincts, elle est violente, diforme, elle tue, elle bouffe, elle baise. Son corps est sublime mais son visage est dégoûtant. Quand elle est en chaleur, elle fait l'amour de la façon la plus bestiale qui soit, sa relation  (zoophile) avec Frank est très dérangeante. Elle est totalement soumise à lui comme un chien, lui fait l'amour comme personne mais ne peut s'empêcher de faire le mal autour d'elle. Elle a besoin de sang pour se nourrir, et quand elle a faim elle est sans pitié, n'hésitant pas à dévorer une petite fille. La fin est d'un cynisme et d'une noirceur absolus. Personnellement, je pourrais me le matter en boucles sans m'en lasser.


CHOCOLATE (Chocolat)
- Mick Garris 0

moh5Mick Garris, qui est un des créateurs du projet il me semble, aurait mieux fait de s'abstenir de venir foutre son grain de sel. Chocolate est un ratage total, même pas un film d'horreur. Le début est vite intriguant et puis on se lasse très rapidement. Mal monté, mal filmé, mal joué, carrément ennuyeux, ce machin insipide s'oublie aussitôt.









HOMECOMING (Vote ou Crève !) -
Joe Dante 4

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Sans doute l'épisode le plus politique de cette première saison. Définitivement engagé, incroyablement virulent, carrément anti-Bush, Homecoming est une satire d'une intelligence rare qui montre bien que le film d'horreur est le meilleur moyen de faire de la politique. Les soldats morts en Irak reviennent à la vie non pas pour bouffer les vivants et semer l'apocalypse mais, au contraire, pour le bien de l'Amérique, ils se réveillent pour voter (contre Bush manifestement) et remourir aussitôt leur tâche accomplie. En mourrant ils ont enfin acquis une conscience politique. C'est pas génial comme idée ça ? Le film est en outre vraiment très drôle et très noir et parfaitement réalisé. 




THE DEER WOMAN (La Belle est la Bête)
- John Landis 4

moh7Du plaisir à l'état pur ! Un petit film simple qui manie le second degré à la perfection et avec un l'humour ravageur ; très bien foutu, très maîtrisé, formidablement écrit et élégamment réalisé. The Deer Woman est vraiment poilant et absolument jouissif, par le réalisateur talentueux du clip méga-culte Thriller de Michael Jackson (à l'époque où il était encore pas trop amoché). Il me donne sacrément envie de voir Le Loup-Garou de Londres, paraît que c'est son meilleur film au Landis.






CIGARETTE BURNS (La Fin Absolue du Monde)
- John Carpenter 5

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Wah ! Sans doute le meilleur épisode de la saison ! Ca tient presque du chef d'oeuvre ce truc ! Peut-être trop ambitieux et profond pour quelque chose d'aussi formaté qu'une série télé, mais c'est vraiment énorme ! L'idée de film sur l'oeuvre ultime est absolument géniale, le scénario est d'une maestria impressionnante, et puis il y a des scènes vraiment extraordinaires avec des trouvailles gores bien cradingues (quand le gars se fout les boyaux dans l'appareil de projection, fallait oser !). Niveau réa, c'est du Carpenter, quoi, donc forcément ça en jette, et puis cette musique si caractéristique du gars fait toujours plaisir à entendre. Le pied total ! 




THE FAIR-HAIRED CHILD (La Cave) -
William Malone 1
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Faut avouer que c'est quand même sacrément mauvais. Si je met une petite étoile au lieu de zéro, c'est juste pour la tronche du monstre qui est assez réussie, et puis cette scène de kidnapping au tout début qui en jette pas mal avec un morceau du bon vieux Ludwig Van en bande-son. Sinon le reste est plutôt catastrophique. J'ai rarement vu un scénario aussi mauvais (et douteux moralement en plus de ça), des rebondissements aussi convenus, des personnages et des acteurs aussi transparents, une réalisation aussi moche et insipide. Beurk de chez Beurk.




SICK GIRL (Liaison Bestiale) -
Lucky McKee 4

moh10Un sacré OVNI ce Sick Girl ! C'est vraiment (mais vraiment) étrange, il y a une atmosphère de folie, la tension est palpable, le film a quelque chose de claustrophobique, de très oppressant, d'extrêmement dérangeant. En tout cas c'est incroyablement original même si la fin verse un peu dans la surenchère. L'actrice principale (une inconnue) est génialissime, je ne sais pas d'où elle sort mais elle est parfaite dans ce rôle de lesbienne insectophile qui reçoit un specimen bizarre qui va la plonger elle et sa petite amie en plein cauchemar. Le final est flippant et cradingue, glauque et d'une noirceur totale.




PICK ME UP (Serial auto-stoppeur)
- Larry Cohen 3

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Une bonne idée de base bien délire (deux psychopathes qui se disputent une victime qui capte rien à ce qui lui arrive) relativement bien exploitée. Le film est plutôt maladroit et mal écrit parfois, mais séduisant dans son ensemble. La démarche est sincère, la mise en scène souvent virtuose et l'interprétation sans faille (la camionneur serial-killeur est particulièrement génial). Le but est clairement que le spectateur prenne son pied et même si il y a quelques moments de creux ça fonctionne bien. Le film ne pète pas plus haut que son cul, il ne cherche pas à être intelligent, il rempli simplement et habilement son cahier des charges. Quelques trouvailles bien sadiques par-ci par-là et un musique genre country assez trippante viennent parachever le tout.




HAECKEL'S TALE (Les Amants d'Outre-tombe)
- John McNaughton 1

moh12Sympathique, sans plus, assez vaseux en fait. Ces histoires de nécrophilie et de magie noire auraient pu être bien glauques, elles sont surtout ridicules parce que mal traitées. Je ne sais pas si McNaughton voulait faire un film comique,  en tout cas Haeckel's Tale est tordant, surtout cette partouze de zombies anthologique et quelques scènes gores bien pensées. L'ambiance et la photo à la Sleepy Hollow sont réussies mais trop référencées justement, le film ne se détache jamais de ses modèles. Et puis quand ça essaye de faire de la philo (en nous répétant bêtement qu'il n'y pas de Dieu et pas de vie après la mort gnagnagna), ça fait plus pitié qu'autre chose. Les gars feraient mieux d'aller relire Nietzsche...




IMPRINT (La Maison des Sévices)
- Takashi Miike 3

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Miike est quand même sérieusement dérangé. Le gars joue ici à fond la carte de la provocation, et si Imprint fascine et éblouit par sa beauté visuelle, il n'en reste pas moins moralement douteux et repoussant. Ca hurle constamment (souvent de douleur), on a droit à une longue et insupportable séance de torture (avec des aiguilles sous les ongles, dans les gencives, des aisselles brulées...), à une femme battue par son mari (qui est aussi son frère :S ) devant sa fille, à des avortements violents et des bébés jetés dans la rivière, etc... Rien ne nous est épargné, Miike est nihiliste et pernicieusement sadique jusqu'au bout, le film va loin dans l'horreur, très loin, trop loin peut-être. Toujours est-il qu'esthétiquement c'est à couper le souffle, le film est truffé de plans mémorables, les éclairages sont sublimes, la mise en scène grâcieuse, en contraste total avec les horreurs qui sont montrées. C'est sûrement de ce contraste que naît la fascination que suscite Imprint. L'atmosphère est terriblement dérangeante et claustrophobe, et dégage en même temps une certaine magie enivrante, un exotisme purement asiatique. La narration rabâche le truc des différentes versions du passé, mais ce gimmick prend tout son sens lors du final insolite, grand-guignolesque au possible et bizarrement comique avec cette main à la tronche de cartoon qui se tortille et qui rote. Pour terminer, précisons que la reconstitution de ce Japon intemporel (quasi-médiéval) est très satisfaisante, les décors sont superbes, et les acteurs sont excellents, notamment le héros, espèce de dandy débonnaire et dépressif qui sombre dans la folie. Imprint est un film-monstre, insupportable, malsain, pervers, plein de défauts mais étrangement captivant et envoûtant. Une expérience singulière et traumatisante qui ne ressemble à rien de connu qui semble dire beaucoup de nous, spectateurs voyeurs et sadiques. Après, y'a toujours cette question de la violence à l'écran, je m'abstiendrais d'essayer d'y répondre je m'appelle pas Serge Tisseron...    

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23 octobre 2008

DESPERATE HOUSEWIVES - Saison 4

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It's a hell of a day in the neighborhood

Au bout de 4 saisons, les Beautés Désespérées comme ils disent au Canada pètent toujours autant le feu. Et pourtant elles s'en prennent encore une fois plein la tronche en 17 épisodes (et ouais, six de moins que la saison 3 à cause de la grève des scénaristes). Cancer, tornade, ex-mari psychopathe, locataire dealeuse, morts en pagaille... On n'est pas en reste niveau rebondissements, humour et émotion. Même si le milieu de saison est un peu mou du genou, il y a assez de moments mémorables pour compenser. La série me paraît  en outre encore plus virulente et satirique qu'auparavant, "l'idéal de vie américain" en prend pour son grade comme jamais. Des policiers corrompus et sadiques, une femme battue apparemment parfaite qui cache des secrets terrifiants, un mari "modèle" qui se shoote aux anti-douleurs, Desperate Housewives montre avec encore plus de malice, de subtilité et de perspicacité l'envers du décor, ce qui se cache derrière les apparences et les façades. Et pour ne pas changer, ce n'est pas très beau à voir, l'humour de la série n'a jamais été aussi corrosif et on se délecte devant certaines scènes absolument hilarantes - comme celle où Bree essaye de caser son fils avec son entrepreneur gay ou celle où la mère de Lynette file du shit à sa fille pour qu'elle oublie sa chimio.

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Cette saison 4 offre aussi de grands moments d'émotion, notamment toute une série de portraits déchirants de vieilles personnes seules et malheureuses : Ida qui meurt lors de la tornade en se sacrifiant pour les Scavo et dont les enfants égoïstes et cupides ne cherchent qu'à hériter ; Mrs Mc Cluskey qui avec Ida perd sa seule amie et va jusqu'à jeter ses cendres sur un terrain de base-ball pour exaucer le souhait d'Ida ; Mrs Van de Kamp, la mère de Rex (ex-mari de Bree) qui essaye de récupérer à tout prix son arrière petit-fils mais qui se retrouvera désespérément seule dans sa maison de retraite ; ou encore la mère de Lynette qui cherche à se faire pardonner de ne pas avoir été une bonne mère et dont les filles se bagarrent pour ne pas avoir à la loger chez elles. Regrets, solitude, égoïsme, mélancolie.

Et puis il y a surtout la nouvelle femme au foyer désespérée : Katherine, sublime et roide du haut de ses 53 ans, qui habitait il fut un temps à Wisteria Lane et y revient. Véritable fée du logis, elle regarde tout le monde de haut mais dévoile peu à peu sa vulnérabilité, et la révélation de son traumatisme en toute fin de saison est bouleversant. Il y a notamment un plan, terrifiant, d'un enfant écrasé sous une étagère qui marque profondément. La révélation au compte-goutte du passé de cette femme est en fait LE fil conducteur de cette saison, et le dénouement ne déçoit pas.

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Les autres personnages sont toujours aussi délicieux : Longoria la salope attachante flanquée d'un Carlos aveugle et d'une chienne hargneuse, Eddie l'allumeuse qui organise un faux-suicide, Bree la bourgeoise en fausse maman qui se réconcilie avec son fils mais jette Orson, et puis surtout Lynette, sans doute la plus touchante, la plus vraie, la plus humaine. Susan est éminemment sympathique et drôle mais reste la Desperate Housewife la moins intéressante, trop excentrique, de moins en moins crédible.

Il y a aussi des grands moments de mise en scène, et toujours ces dialogues si parfaitement écrits, ces twist qui  mettent sur le cul... L'épisode de la tornade dont tout le monde parle ne déçoit pas et change la donne et les enjeux dramatique de façon radicale. Et puis ce final qui se passe 5 ans plus tard est absolument génial également. Bref, vraiment une excellente série, avec ses défauts et ses coups de mou, mais toujours agréable à regarder après une dure journée de cours, et plein de moments d'émotion et de rire. Les scénaristes savent parfaitement allier virulence du propos et intrigues captivantes, le résultat est toujours aussi détonnant.

Au passage, je viens de matter le premier épisode de la saison 5 et ça promet. Le fait de sauter 5 ans plus tard donne un nouveau souffle à la série, il y a une réflexion poignante très nostalgique sur le temps, et le personage de Susan prend enfin une réelle ampleur. Hâte de voir la suite...

Posté par Master Dik à 22:13 - - Séries Télé - - Commentaires [1] - Rétroliens [0] - Permalien [#]
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