Kool Thing

L'étoile a pleuré rose au coeur de tes oreilles...

16 novembre 2008

CHANGELING, de Clint Eastwood (2008)

changeling

Avant de voir L'Echange, j'avais tendance à penser qu'Eastwood était quelqu'un de vachement surestimé. En tant qu'acteur, c'est un Dieu, il n'y a pas à discuter là-dessus, mais en tant que réalisateur bah je trouvais que l'admiration de certains était plutôt éxagérée. A part Sur la Route de Madison, aucun film du gars ne m'a touché, tous trop surfaits (oui Jésus, je vais matter le plus vite possible Les Pleins Pouvoirs, Impitoyable, L'Homme des Hautes Plaines et Un Frisson Dans la Nuit...). Et puis Angelina Jolie je la détestais carrément, absolument nulle avec son jeu insipide, même pas sexy avec ses énormes lèvres qui lui font ressembler à un babouin. Me demandez pas pourquoi j'ai été voir ce film. Il m'attirait, je ne sais pas pourquoi, mais je ne m'attendais pas à quelque chose d'extraordinaire. Et puis, au bout de quelques minutes de film, je me suis rendu à l'évidence : L'Echange est un très grand film (et j'éxagère pas) et Angelina Jolie est une grande actrice (merde ça fait quand même sacrément bizarre de dire ça !).

C'est dur d'en parler en fait, c'est tellement dense. Ca paraît limite banal comme ça, mais c'est très complexe en fait. Les Cahiers du Cinéma parlent de "film-monstre", j'aime bien cette expression. On peut même parler de film malade, diforme, un "Elephant-film" (oulah, vraiment vaseux le jeu de mot mrgreen). Sérieusement, chaque plan semble contaminé, le film transpire de fièvre, il agonise sous nos yeux. C'est très imparfait aussi, parfois désagréable à regarder, dérangeant, mais toujours bouleversant. L'empathie est totale, on vit littéralement le calvaire de Christine Collins. Aucune complaisance misérabiliste pourtant, les effets dramatiques ne sont jamais trop appuyés, les moments d'émotion sont justes, beaux, sobres. Angelina Jolie est parfaite dans son rôle, jamais dans l'excès, toujours belle et sincère. Son regard constamment baigné de larmes transperce le coeur et j'avoue avoir eu du mal à me retenir de pleurer durant certaines scènes.

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L'Echange est d'une tristesse infinie, noire, âpre. On est en plein mélodrame hollywoodien, mais pas un truc fadasse et dégoulinant comme on en voit habituellement. Bien sûr, Eastwood n'hésite pas à foutre une bonne grosse musique bien larmoyante là où il faut pleurer, mais, étonnamment, ce n'est jamais vraiment lourd, jamais too much. Le film, très post-moderne finalement, a peut-être quelque chose de trop solennel, de trop cliché (la mère-courage qui se bat jusqu'au bout, les flics corrompus, le bon pasteur qui se bat pour une cause, etc) ce qui n'empêche en rien l'émotion de nous submerger complètement. Tout le charme vient à mon sens de ce mélange de poncifs hollywoodiens et d'originalité pure. L'Echange n'est que contrastes, oppositions, un gigantesque mleting-pot, une oeuvre entre mélo et thriller, film politique et film intimiste, larmes et âpreté, sentimentalisme et violence. Derrière le clacissisme virtuose assumé de la forme se cache le chaos le plus total.

La reconstitution de ce Los Angeles des années 20/30 est frappante de cohérence et de beauté, on se croirait dans un roman d'Ellroy parfois, l'ambiance à la fois noire et clinquante est vraiment plus que réussie . Eastwood dénonce avec virulence les agissements des autorités corrompues mais sans se faire passer pour plus intelligent qu'il ne l'est. Son film est engagé, mais pas politique à proprement parler. On n'est pas chez Ken Loach les gars. La démarche est principalement hollywoodienne, le but est surtout de toucher les sentiments du spectateur, et c'est réussi. Chaque scène laisse transparaître la peur de la solitude, de l'abandon, jamais la disparition, le vide et le besoin de l'autre n'auront été aussi bien traités au cinéma. La violence est rarement plein cadre, elle est souvent psychologique mais elle frappe encore plus fort. On a la gorge nouée pendant les 2H20 de film et on en ressort complètement déboussolé, hanté, complètement bouleversé. Les émotions fusent de partout, on est écrasés, assaillis, c'est éprouvant, mais en même temps tellement grisant. L'Echange est un film à l'ancienne, virtuose, magnifique, très dur, mais passionnant. Une belle claque en pleine tronche pour le plus beau film de l'année sans doute. Rien à voir avec l'aute film du même nom avec Meg Ryan xD.

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Posté par Master Dik à 13:26 - EASTWOOD Clint - Commentaires [6] - Rétroliens [0] - Permalien [#]
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15 novembre 2008

Clint Eastwood

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1971 -  Un frisson dans la nuit 4
1973 -  L'homme des hautes plaines
1973 -  Breezy
1975 -  La sanction
1976 -  Josey Wales, hors la loi
1977 -  L'épreuve de force
1980 -  Bronco Billy
1982 -  Honkytonk Man
1982 -  Firefox, l'arme absolue
1983 -  Le retour de l'inspecteur Harry
1985 -  Pale Rider
1986 -  Le maître de guerre
1988 -  Bird
1990 -  Chasseur noir, cœur blanc
1990 -  La relève
1993 -  Un monde parfait
1995 -  Sur la route de Madison 5
1996 -  Les pleins pouvoirs
1998 -  Jugé coupable
2000 -  Space Cowboys
2002 -  Créance de sang
2002 -  Mystic River 3
2003 -  Piano blues
2004 - Million Dollar Baby 3
2006 -  Mémoires De Nos Pères 2
2007 - Lettres d'Iwo Jima
2008 - L'Echange 5

Posté par Master Dik à 12:13 - EASTWOOD Clint - Commentaires [2] - Rétroliens [0] - Permalien [#]
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