Kool Thing

L'étoile a pleuré rose au coeur de tes oreilles...

04 janvier 2009

L.A. CONFIDENTIAL, de Curtis Hanson (1997)

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L.A. Confidential, c'est la résurrection de l'âge d'or hollywoodien, c'est toute une époque qui renaît de ses cendres le temps d'un film, tout un mythe qui se reconstruit pour mieux s'effondrer. Adaptant un roman culte du très grand James Ellroy, Curtis Hanson réalise un grand film noir à l'ancienne sans faire l'erreur de s'enfoncer dans les clichés et l'hommage pompeux et lourdingue (pas comme Baz Luhrmann dernièrement, avec Australia, son espèce d'hommage laborieux aux mélos américains). Certes, le film est très classique dans sa forme et peut paraître académique, mais la démarche est plus personnelle qu'il n'y paraît. Il y a là-derrière une volonté très forte et nostalgique de revenir à un certain cinéma, et on sent qu'Hanson y met toute son âme. L'ambiance années 40 est parfaitement réussie avec des décors sublimes et des costumes de grande classe, on est dès le début plongé en plein dans le Los Angeles fantasmé de l'époque, où le sang se mêle aux paillettes. Le film nous présente la façade et l'envers du décor, la gloire d'un côté et la corruption et le crime de l'autre. Prostitution de luxe, règlements de compte, trafics de drogue, viols, fusillades... La violence est frontale, sans fioritures, elle surgit subitement et scotche au siège. La ville, derrière son maquillage trop parfait est un véritable enfer, un lieu de décadence et de luxure où tout le monde ment, "tout le monde est suspect, tout le monde est à vendre, et rien n'est vrai" comme le dit l'affiche.  Le contraste entre ce qu'on  vend (le rêve américain) et la réalité est très fort, et le film, sans grands discours politiques, est d'une pertinence et d'un cynisme impressionnants, fustigeant aussi bien les médias que les autorités.

Les scénaristes ont fait un travail monstrueux. Il fallait de la volonté et de l'ingéniosité pour adapter un aussi gros pavé réputé en plus de ça inadaptable (comme tous les bouquins apparemment, vu qu'on nous dit ça à chaque fois) en un peu plus de 2 heures films. Le résultat est un modèle de réussite. On est tenu en haleine du début à la fin de cette intrigue complexe mais qu'on prend le temps de nous expliquer sans pour autant nous prendre pour des cons. On suit dans un premier temps les histoires  et les enquêtes de trois flics du LAPD (police très controversée) qui ne se connaissent d'abord pas, puis se croisent, se séparent et se rejoignent à nouveau lors de l'affaire ultime. Purs stéréotypes au début, les trois flics antagonistes révèlent peu à peu leurs failles, leur instabilité. Ils ne restent jamais trop logiques dans leur progression, et c'est en cela qu'ils sont passionnants, car ils sont terriblement humains et parfaitement interprétés par un casting de folie. Les ficelles se tissent petit à petit,  en prenant leur temps, et on est captivé de bout en bout. L.A. Confidential pourrait être étudié dans les écoles, au même titre que des films de Welles, tellement son écriture est aboutie et absolument dénuée de défauts.

Esthétiquement, ça manque sans doute d'audace, c'est trop propre, trop sobre, très joli et maîtrisé, mais un peu coincé du cul au final. Pour une fois, ça aurait mérité plus d'esbroufe, de folie. Il y a certes quelques plans magnifiques, quelques trouvailles bien senties. Mais ça manque de quelque chose. L.A. Confidential incarne tout de même la classe ultime, y'a pas à chier, à la hauteur des chefs d'oeuvre du film policier de la grande époque, avec une ambiance de malade qui vous transporte complètement et une histoire de fou. Très beau, passionnant, et très nostalgique dans l'âme.

Posté par Master Dik à 15:16 - HANSON Curtis - Commentaires [0] - Rétroliens [0] - Permalien [#]
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Curtis Hanson

CHansonhr

1973 : Sweet Kill
1980 : The Little Dragons
1983 : Losin' It
1986 : Les Enfants de la nuit (TV)
1987 : Faux témoin
1990 : Bad Influence
1992 : La Main sur le berceau
1994 : La Rivière sauvage 3
1997 : L.A. Confidential 4
2000 : Wonder Boys
2002 : Greg the Bunny
2002 : 8 Mile
2005 : In Her Shoes
2007 : Lucky You

Posté par Master Dik à 14:20 - HANSON Curtis - Commentaires [2] - Rétroliens [0] - Permalien [#]
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