01 janvier 2009
PULP, de Charles Bukowski (traduction de Gérard Guégan)
Emballé mais sans plus par les Contes de la Folie Ordinaire (qu'il faudrait que je relise) du même Bukowski, je me suis attaqué à ce Pulp, presque faute d'autre chose. L'histoire est très foutraque : Un détective est engagé par la Grande Faucheuse pour traquer Louis-Ferdinand Céline qui n'est apparemment pas mort en 1961 en fait. En même temps il doit surveiller une jolie épouse infidèle, se débarasser d'une créature venue de l'espace et trouver le mystérieux Moineau Ecarlate. C'est joyeusement bordélique et étrange, parfois un peu plat, mais toujours fascinant finalement. Le style vulgaire de Bukowski est d'un naturel et d'une spontanéité incroyables, le gars sait se faire à la fois philosophe et gros macho crado et et par-dessus tout alcoolo. Le bouquin offre des "pauses réflexion" (souvent lors des nombreuses souleries qui jalonnent l'histoire), qui tout en étant souvent très drôles, sont en général assez profondes et toujours d'un pessimisme sans fin. Bukowski, en 1993 quand il écrit Pulp, sait qu'il va mourir d'une leucémie. Du coup, la Mort plane sans arrêt sur le livre, au sens propre comme au figuré. En plus d'un détournement habile de roman de gare, d'une histoire de détective, d'un roman de science-fiction/fantastique, Pulp est aussi une longue élégie, un chemin de croix tragique et lyrique vers la Mort, plus symbolique au final qu'il n'y paraît. On se désintéresse vite de l'histoire à proprement parler pour se laisser emporter par cette dimension tragique et mélancolique qui se cache derrière une intrigue amusante mais trop farfelue.
21 décembre 2008
Introduction à la Psychanalyse par Buk
"Dans mon dernier rêve, j'étais couché sous un éléphant sans pouvoir remuer le gros orteil, et ne voilà-t-il pas qu'il lâche le méga étron, impossible de l'éviter, sauf que, par bonheur, mon chat, Hamburger, s'est mis à me lécher le front et je me suis réveillé. Vous racontez ce rêve à un Bobo-la-Tête, et il vous l'interprète de la pire façon. Etant donné tout le fric que vous lui lâchez, il a intérêt à vous casser le moral. Selon lui, l'étron symbolise ce pénis qui vous effraye tant mais dont vous avez envie. Une connerie de ce genre. Alors qu'en vérité, ce qu'il vous cache, c'est que le pénis le terrifie et qu'il aimerait bien se le prendre dans le fion. Or, ce n'est qu'un rêve, un rêve où un éléphant lâche son étron, et rien d'autre. Pourquoi vouloir toujours trouver du sens à tout ? Le meilleur interprète du rêve, c'est le rêveur lui-même."
Charles Bukowski, Pulp, 1993.
En dédicace à Sigmund Freud et Pierre Drouot ![]()





